« L’argent ne fait pas le bonheur », dit le proverbe.
Peut-être. Mais il faut bien reconnaître qu’il y contribue largement.
Quand on vit avec peu, beaucoup de problèmes très concrets se dressent devant nous : l’argent et l’administratif deviennent des murs. On renonce parfois à se soigner correctement parce que les services sont saturés ou parce qu’on ne peut pas avancer les frais. On regarde les écoles de nos enfants en se disant que certaines resteront hors de portée. On fait des calculs avant chaque plein d’essence.
Et surtout, on vit avec cette question permanente au fond de la tête : est-ce que tout va tenir jusqu’à la fin du mois ?
Car la pauvreté ne se résume pas au manque d’argent. Elle s’accompagne d’une charge mentale constante : payer la cantine du gosse, remplir le réservoir de la voiture, choisir entre le chauffage et les courses. Ce sont des décisions que certains n’auront jamais à prendre.
Pendant ce temps, on explique souvent aux plus modestes les vertus de la « sobriété heureuse ». L’idée peut sembler belle sur le papier. Mais elle devient étrange quand elle est prêchée par des personnes qui vivent dans un confort matériel solide.
Le discours sur la simplicité a parfois un parfum de luxe.
