Créer ses semences : économie et transparence
Créer ses semences, c’est une façon de faire des économies. Plus besoin de racheter chaque année ses graines, souvent vendues très cher, et vous savez exactement comment elles ont été traitées. Bref, de la graine à l’assiette, tout est clair.
Choisir ses portes-graines
On choisit pour cela un plant fort et costaud, qui ressemble bien à la variété que l’on veut reproduire, de la phase de graine à la fructification. Il ne doit pas avoir été touché par un ravageur ou par une maladie, le plant parfait quoi. Ce sont des plantes que l’on ne touche pas, que l’on laisse vivre librement. On les appelle des portes-graines. Ces portes-graines seront vos créateurs de semences pures.
Il est important d’avoir plusieurs portes-graines de chaque variété pour éviter la consanguinité qui pourrait provoquer une décroissance de production, un affaiblissement du système immunitaire ou des plantes rachitiques. En plus de choisir des plantes sans défaut, il faut veiller à ce que les abeilles ne déposent pas de pollen « étranger » dans vos fleurs.
Deux méthodes pour protéger ses portes-graines
La première consiste à éloigner vos portes-graines de toute plante avec laquelle il pourrait y avoir hybridation. Ce n’est pas simple, car une abeille peut butiner à plus de 3 km autour de sa ruche et le vent peut transporter des graines sur plus de 10 km. Même si vous ne semez qu’une seule variété chez vous, le voisin d’à côté peut avoir planté une autre variété qui pourrait s’accoupler avec la vôtre.
La deuxième méthode, et la plus sûre, consiste à mettre vos portes-graines sous voile. Vous pouvez les planter sur une planche que vous recouvrez d’une moustiquaire pour empêcher les butineurs d’y entrer. Cela vous obligera à polliniser manuellement vos fleurs ou à déposer dans vos tunnels une petite ruche de bourdons pour assurer la pollinisation. La moustiquaire empêche les butineurs de passer mais pas le pollen transporté par le vent. Ensacher les grappes de fleurs pollinisées est un bon moyen de les garder en sécurité.
Pollinisation manuelle
Pour les plantes à grosses fleurs, c’est un peu plus simple. On ferme la fleur femelle avant son ouverture avec une pince à linge. Le lendemain, on récupère plusieurs fleurs mâles de la même variété sur différentes plantes. On ouvre la fleur femelle, on enlève les pétales de la fleur mâle en faisant attention à ne pas faire tomber le pollen et on badigeonne l’organe femelle avec le pollen mâle. On referme la fleur, on entoure la tige de la fleur femelle avec une ficelle lâche et on attend patiemment.
Mon expérience personnelle
J’avoue que je ne me prends pas trop la tête. Je fais pousser dans mon jardin et je vois ce que ça donne. Il n’y a vraiment que pour les courgettes et les courges que je pollinise manuellement. Pour le reste, les plantes font leur vie, et jusque-là, pas trop de problème d’hybridation. Et même si ça s’hybride un peu, comme je ne sème que ce que j’aime, ce sera la variété made in Atelier du Moustique.
pour aller plus loin:
liste de semencier de variétés anciennes
