dimanche 1 février 2026

les poules de réforme, un réel sauvetage? ou un système?

 

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                                      coq de race "gauloise dorée" embleme même de notre pays

Pour les poules, c’est exactement le même problème que pour les chiens et les chats. On part souvent d’une bonne intention, mais on ne regarde pas le système dans son ensemble. Et à force de tout réduire à de l’émotion, on finit par taper complètement à côté.

Les fameuses « poules de réforme », par exemple. À la base, l’idée peut sembler bonne. Mais aujourd’hui, il faut être honnête : c’est devenu un modèle bien installé. Dans la réalité, les poules de réforme restent rarement longtemps en association. Elles sont très souvent réservées à l’avance, récupérées rapidement par des particuliers, parfois directement chez l’éleveur, parfois après un passage très court par une structure intermédiaire. Ce n’est pas un reproche, c’est un constat de fonctionnement. Une association ne peut tout simplement pas nourrir, loger et soigner sur le long terme des centaines de poules issues de l’élevage industriel. La rotation rapide est justement ce qui permet à ce système d’exister.

 

Donc non, les poules de réforme ne sont généralement pas élevées toute l’année par les associations. L’engagement n’a rien à voir avec celui d’un petit éleveur passionné qui, lui, assume ses animaux tous les jours, toute l’année, parfois jusqu’à leur fin de vie. Et pendant qu’on parle beaucoup de « sauvetage », on oublie complètement ceux qui travaillent en amont, sur le long terme.

 oie du tarn en danger immédiat!

À côté de ça, il y a un énorme angle mort dont on ne parle presque jamais : les particuliers qui font de la reproduction pour l’argent. Que ce soit pour les volailles, les lapins, les chèvres ou d’autres animaux. Sur le terrain, on voit des animaux dans des états sanitaires parfois catastrophiques : parasités, mal nourris, mal logés. On voit aussi des animaux vendus comme « de race » qui ne ressemblent pas du tout à la race annoncée, tout simplement parce que ce sont des croisements. Parfois les gens le savent, parfois non. Et parfois, ce n’est juste pas dit.

Comme pour les chiots et les chatons, élever sans connaissances solides, sans bases en génétique, en santé ou en besoins réels des animaux, ça peut entraîner des souffrances évitables, voire la mort des animaux directement chez les particuliers. Mais ce sujet intéresse peu. Parce que ce n’est pas cher. Parce que ça ne fait pas de bruit. Alors on fonce, on achète, et on ne pose pas de questions.

coq de race crevecoeur, la plus ancienne race francaise!!

À l’inverse, les petits éleveurs passionnés de races anciennes font un travail complètement différent. Eux ne « produisent » pas des animaux. Ils conservent, ils observent, ils sélectionnent, ils transmettent. Beaucoup travaillent sur des races françaises anciennes, parfois en grande difficulté, parfois proches de la disparition. Et il faut le dire clairement : acheter une race ancienne, ce n’est pas un caprice, c’est un acte de conservation. C’est réellement sauver une race. Une race ne se sauvegarde pas toute seule, ni avec de bonnes intentions, mais avec des éleveurs qui la font vivre et des personnes qui choisissent consciemment de la soutenir.

Sauver une race ancienne, c’est préserver un patrimoine vivant. Ce sont des animaux rustiques, souvent bien adaptés à leur environnement, avec des qualités qu’on a perdues à force de sélectionner uniquement la performance et la productivité. Pendant qu’on voit partout les mêmes races industrielles ou étrangères, sélectionnées pour produire toujours plus, toujours plus vite, les races anciennes, jolies, équilibrées et robustes disparaissent dans l’indifférence générale.

la javanaise, de son nom, mais pourtant bien francaise, une race naine qui pond des oeufs, bleus!

la Pictave tout aussi petite pond, elle, des oeufs jaunes!


Ces éleveurs passionnés assument leurs animaux toute l’année. Ils paient l’alimentation, les soins, les installations, la protection contre les prédateurs. Avec l’inflation, la hausse du prix des céréales, de l’électricité, du matériel, des clôtures, des bâtiments, tout coûte plus cher. Et oui, une poule de race a un prix. Et c’est normal.

Certains vont même plus loin et tiennent leurs propres pedigrees. Ils ne sont pas officiels, mais ils existent. Ils permettent de suivre les lignées, d’éviter la consanguinité, de savoir d’où viennent les animaux. Ces documents sont souvent transmis aux personnes à qui les animaux sont vendus, dans une vraie logique de transparence et de continuité du travail.


 

 "moi j'aime que les cous nus, ca pond bien" ben tant mieux oubliez la rousse et regardez du côté du cou nu du forez! 

Quand on cherche à préserver une race rare, il faut parfois faire beaucoup de route. Traverser la France pour un lapin, un couple d’oies, des canards. Parfois même aller dans d’autres pays pour trouver une lignée compatible. Ce temps, cette énergie et cet argent font partie du travail invisible de la sauvegarde.

Comme pour les chiens, acheter un animal chez un éleveur sérieux, au prix demandé, ce n’est pas être élitiste. C’est faire un choix. Le choix de soutenir une éthique, un savoir-faire, une vision à long terme. Le choix de ne pas nourrir des systèmes rapides, bon marché et destructeurs, mais de permettre à des races anciennes de continuer à exister.

Ce texte n’est pas là pour accuser ceux qui veulent bien faire. Il est là pour rappeler que les bonnes intentions ne suffisent pas si on ne regarde pas les conséquences. Et que, que ce soit pour les chiens, les chats, les poules, les canards, les oies ou le reste, ce sont toujours les mêmes qui trinquent quand on refuse de voir le système dans son ensemble : les animaux, les races anciennes, et ceux qui se battent pour les préserver.

Notre patrimoine nous offre un panel de couleurs, de taille, de rusticité qui sauront faire briller vos yeux. n'hesitez pas a les découvrir. voici le lien de l'association ferme qui recense et informe sur les races en difficulté, voir orpheline, et saura vous diriger vers un eleveur serieux: 

https://association-ferme.org/

pour en savoir plus sur es poules de france c'est ici: https://www.poules-racesdefrance.fr/les-races/


 poule et coq de race "meusienne"

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